Mésothéliome

Contexte

Qu’est-ce que le mésothéliome?

Le mésothéliome est un cancer qui affecte les parois des poumons et d’autres organes. Il est causé par l’inhalation des fibres d’amiante. Il est caractérisé par une longue période de latence : la maladie peut apparaître 50 ans après l’exposition aux fibres d’amiante. Il n’existe aucune cure et le taux de survie est extrêmement faible.


Facteurs de risque
    • Fibres d’amiante (tous types)
    • Fibres de type amiante (érionite et fluoro-édénite)

L’amiante est le nom commercial d’un groupe de fibres minérales naturelles. Par le passé, il était utilisé dans de nombreuses applications commerciales, notamment l’isolation, la couverture des toits, les tuyaux et plaques de ciment, les joints et les matériaux de friction. L’utilisation de l’amiante a été interdite en 2018 au Canada, bien qu’on en trouve toujours dans de nombreux produits et bâtiments anciens. L’étude du Fardeau des cancers professionnels au Canada estime qu’environ 80 % des cas de mésothéliome sont attribuables à une exposition à l’amiante en milieu de travail.

Principales conclusions

Les risques les plus élevés de développer un mésothéliome ont été observés chez les travailleurs employés dans les industries de la construction, des services d’enseignement, des mines et les industries manufacturières.


Construction 

Les travailleurs du secteur de la construction présentent un risque accru de développer un mésothéliome. Dans ce secteur, les travailleurs spécialisés dans l’isolation et les tuyauteurs, plombiers et travailleurs assimilés présentent le plus grand risque, mais bien d’autres métiers présentent également des risques accrus de développer cette maladie. Par le passé, les travailleurs spécialisés dans l’isolation devaient manipuler des matériaux isolants contenant de l’amiante lorsqu’ils les installaient ou les retiraient des maisons. De nombreux professionnels du secteur de la construction peuvent encore être exposés à l’amiante pendant les travaux de rénovation, d’entretien ou de démolition des bâtiments construits avant 1980.

    • Tous les métiers des industries de la construction : 2,4 fois le risque
      • Travailleurs spécialisés dans l’isolation : 27 fois le risque
      • Tuyauteurs,plombiers et travailleurs assimilés: 6 fois le risque
      • Électriciens d’installation et d’entretien : 2,2 fois le risque
      • Charpentiers et charpentes de bois et travailleurs assimilés: 1,8 fois le risque
Services d’enseignement et services annexes

Les travailleurs du secteur de l’enseignement et des services afnnexes désignent les enseignants et le personnel administratif, mais aussi les agents d’entretien. Les matériaux contenant de l’amiante, comme les isolants de tuyaux, sont encore présents dans les écoles et les bâtiments anciens. Lorsqu’un matériau contenant de l’amiante se dégrade, des fibres sont libérées dans l’air et présentent un risque pour la santé du personnel. Les travailleurs chargés de l’entretien d’immeubles risquent particulièrement d’être exposés pendant les travaux d’entretien et de réparation. Les résultats du SSMP indiquent que le personnel des universités et des collèges, des enseignants des écoles primaires et secondaires et personnel assimilés présente des risques accrus de développer un mésothéliome, mais ces conclusions sont probablement liées à des sous-groupes précis, comme les travailleurs chargés de l’entretien.

    • Universités et collèges : 2,8 fois le risque
    • Enseignants des écoles primaires et secondaires et personnel assimilés : 1,6 fois le risque
Mines 

Contrairement au Québec, en Ontario, les mines d’amiante représentaient une industrie de petite envergure. La majorité de la production a eu lieu entre 1950 et 1978. Néanmoins, les résultats du SSMP démontrent que les mineurs d’amiante en Ontario présentent un risque considérablement accru de développer un mésothéliome. Cette conclusion n’est pas surprenante compte tenu des niveaux extrêmement élevés d’amiante auxquels ils ont probablement été exposés.

    • Mines d’amiante : 260 fois le risque
Fabrication des produits métalliques

L’amiante était couramment utilisé comme matériau d’isolation dans les machines à travailler les métaux. Dans l’industrie de la fabrication des produits métalliques, les travailleurs peuvent être amenés à faire fonctionner et réparer des chaudières, des générateurs d’air chaud et d’autres appareils de chauffage isolés à l’amiante. Le SSMP a permis de détecter que les travailleurs de la sidérurgie et les chaudronniers, ainsi que les chaudronniers, tôliers, et ouvriers en charpente métallique présentent des risques accrus de développer un mésothéliome.

    • Sidérurgie : 1,8 fois le risque
    • Chaudronniers, tôliers, et ouvriers en charpente métallique : 4,5 fois le risque
Risque relatif par industrie et par emploi

Figure 1. Risque de diagnostic de mésothéliome chez les travailleurs employés dans chaque groupe d’industries par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

 

Figure 2. Risque de diagnostic de mésothéliome chez les travailleurs employés dans chaque groupe professionnel par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

Tableau des résultats

Tableau 1. Surveillance du mésothéliome :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe d’industries

Code CTI* Groupe d’industries Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
1 Agriculture 11 35 119 0,90 (0,50, 1,64)
2/3 Forêts, pêche et piégeage <5 10 722
4 Mines, carrières et puits de pétrole 21 23 230 1,22 (0,79, 1,89)
5 Industries manufacturières 340 694 923 1,06 (0,92, 1,22)
6 Construction 170 211 572 1,89 (1,60, 2,24)
7 Transports, communications et autres services publics 83 197 583 0,94 (0,75, 1,19)
8 Commerce 93 429 967 0,71 (0,57, 0,88)
9 Finances, assurances et affaires immobilières 6 24 021 0,61 (0,27, 1,37)
10 Services socio-culturels, commerciaux et personnels 126 600 449 0,98 (0,80, 1,19)
11 Administration publique et défense 82 191 139 1,06 (0,84, 1,33)
         
* CTI : Classification type des industries (1970)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

Tableau 2. Surveillance du mésothéliome :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe de professions

Code CCDP* Groupe professionnel Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
11 Directeurs, administrateurs et personnel assimilé 15 31 037 2,14 (1,29, 3,57)
21 Travailleurs des sciences naturelles, techniques et mathématiques 12 26 369 1,35 (0,76, 2,38)
23 Travailleurs spécialisés des sciences sociales et secteurs connexes <5 30 728
25 Membres du clergé et assimilés 0 129
27 Enseignants et personnel assimilé 9 48 524 1,30 (0,67, 2,51)
31 Personnel médical, techniciens de la santé et travailleurs assimilés 17 135 476 1,03 (0,62, 1,70)
33 Professionnels des domaines artistique et littéraire et personnel assimilé <5 15 009
41 Personnel administratif et travailleurs assimilés 35 197 593 0,69 (0,49, 0,97)
51 Travailleurs spécialisés dans la vente 20 148 272 0,77 (0,49, 1,20)
61 Travailleurs spécialisés dans les services 77 371 368 0,74 (0,58, 0,94)
71 Agriculteurs, horticulteurs et éleveurs 12 50 269 0,71 (0,40, 1,25)
73 Pêcheurs, trappeurs et travailleurs assimilés 0 558
75 Travailleurs forestiers et bûcherons <5 10 710
77 Mineurs, carriers, foreurs de puits et travailleurs assimilés 7 13 046 0,75 (0,36, 1,59)
81 Travailleurs des industries de transformation (minéral, métal, chimique) 33 79 386 1,05 (0,74, 1,48)
82 Travailleurs des industries de transformation (aliments, bois, textile) 19 99 382 0,56 (0,35, 0,88)
83 Usineurs et travailleurs des secteurs connexes 109 189 800 1,21 (0,99, 1,48)
85 Travailleurs spécialisés dans la fabrication, le montage et la réparation 157 328 825 1,08 (0,91, 1,29)
87 Travailleurs du bâtiment 223 216 117 2,39 (2,04, 2,79)
91 Personnel d’exploitation des transports 54 168 487 0,65 (0,49, 0,86)
93 Manutentionnaires et travailleurs assimilés, non classés ailleurs 55 153 323 0,96 (0,73, 1,26)
95 Autres ouvriers qualifiés et conducteurs de machines 20 28 360 1,56 (1,00, 2,43)
99 Travailleurs non classés ailleurs 85 215 629 1,03 (0,82, 1,29)
         
* CCDP: Classification canadienne descriptive des professions (1971)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

Veuillez noter que nos résultats peuvent différer de celles que nous avons publiés ou présentés. Cela peut être attribuer aux définitions que nous utilisons pour identifier les cas, aux approches méthodologiques et le suivi en cours de la cohort dans le système de surveillance.