Cancer du poumon

Contexte

Qu’est-ce que le cancer du poumon?

Au Canada, le cancer du poumon est la première cause de mortalité imputable au cancer chez les hommes et les femmes. Le cancer du poumon est principalement causé par le tabagisme et les efforts de prévention se concentrent essentiellement sur la lutte antitabac. Selon l’étude du fardeau des cancers professionnels, environ 15 % des cancers du poumon sont causés par des expositions en milieu de travail. Dans de nombreux emplois, les travailleurs sont exposés à des agents connus pour leurs effets cancérogènes sur le poumon.

 

Facteurs de risque professionnel
    • Poussières et fibres (amiante, silice, etc.)
    • Produits de la combustion (gaz d’échappement des moteurs au diesel, tabagisme passif, particules de suie, etc.)
    • Métaux et leurs composants (fumées de soudage, chrome(VI), composés de nickel, arsenic)
    • Radiation ionisante (rayons X, gamma et radon)

Selon l’étude du fardeau des cancers professionnels, l’amiante, la silice cristalline, les gaz d’échappement des moteurs au diesel et les fumées de soudage sont les quatre plus importants agents ayant des effets cancérogènes sur le poumon au Canada.

Principales conclusions

Les risques les plus élevés de développer un cancer du poumon ont été observés chez les travailleurs des industries des mines, de la construction et du transport.


Mines

Les travailleurs du secteur minier présentent les risques les plus élevés de développer un cancer du poumon par rapport à ceux de tous les autres groupes d’industries. Les emplois liés aux mines et aux carrières ont toujours présenté des risques accrus de cancer du poumon en raison des nombreux dangers présents, notamment la silice cristalline, le radon, l’amiante et les gaz d’échappement des moteurs au diesel.

    • Industrie des mines dans son ensemble : 1,4 fois le risque
      • Mines non métalliques 1,4 fois le risque
      • Carrières et sablières : 1,6 fois le risque
      • Mines métalliques : 1,5 fois le risque
        • Mines d’uranium : 1,9 fois le risque
    • Toutes les professions minières : 1,5 fois le risque
      • Mineurs, et carriers, foreurs de puits et travailleurs assimilés notamment pétrole et gaz : 1,5 fois le risque
      •  Foreurs sur installation rotary et travailleurs assimilés : 3 fois le risque
        • Travailleurs spécialisés dans le forage des roches et du sous-sol : 1,6 fois plus le risque
Construction

Les travailleurs du secteur de la construction sont potentiellement exposés à un large éventail d’agents ayant des effets cancérogènes sur le poumon.

Des risques élevés de développer un cancer du poumon sont observés chezspécialistes de l’excavation, du nivellement et autres métiers assimilé. Ceci peut être dû à l’exposition à un grand nombre d’agents ayant des effets cancérogènes sur le poumon, notamment les gaz d’échappement des moteurs au diesel et la poussière de silice cristalline.

Un risque élevé de développer un cancer du poumon est également observé chez les autres travailleurs du bâtiment, comme les peintres et spécialistes de l’isolation. Par le passé, les spécialistes de l’isolation manipulaient des matériaux isolants composés d’amiante lorsqu’ils les installaient ou les retiraient dans les bâtiments. De nos jours, un grand nombre des travailleurs du secteur de la construction peuvent être exposés à l’amiante pendant les travaux de rénovation, de réparation ou de démolition d’anciens bâtiments. Les peintres exercent également un métier comportant un risque élevé de développer un cancer du poumon, probablement en raison des nombreux produits chimiques dangereux présents dans les pigments de peinture, les résines et les filaments.

    • Tout les travailleurs du bâtiment : 1,1 fois le risque
      • Excavateurs, niveleurs, paveurs et travailleurs assimilés : 1,5 fois le risque
        • Excavateurs, niveleurs et travailleurs assimilés : 1,8 fois le risque
        • Paveurs, poseurs de revêtement routier et travailleursassimilés : 1,4 fois le risque
      • Contremaîtres d’autres travailleurs du bâtiment : 1,3 fois le risque
      • Peintres, tapissiers et travailleurs assimilés: 1,4 fois le risque
      • Travailleurs spécialisés dans l’isolation : 2,4 fois le risque
      • Monteurs de charpentes métalliques : 1,4 fois le risque
Transport

Des risques accrus de développer un cancer du poumon sont observés chez les travailleurs du secteur du transport. Les travailleurs de ce secteur peuvent être exposés à de fortes concentrations de gaz d’échappement des moteurs au diesel s’ils travaillent dans ou près de véhicules à moteur diesel. 

    • Industrie du transport dans son ensemble : 1,2 fois le risque
      • Autres cammionage : 1,6 fois le risque
      • Exploitation de taxi : 1,7 fois le risque
    • Transports ferroviaires : 1,5 fois le risque
      • Chefs de train et serre-frein : 1,3 fois le risque
      • Conducteurs de locomotive : 1,2 fois le risque
Risque relatif par industrie et par emploi

Figure 1. Risque de diagnostic de cancer du poumon chez les travailleurs employés dans chaque groupe d’industries par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

 

Figure 2. Risque de diagnostic de cancer du poumon chez les travailleurs employés dans chaque groupe professionnel par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

Tableau des résultats

Tableau 1. Surveillance du cancer du poumon :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe d’industries

Code CTI* Groupe d’industries Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
1 Agriculture 377 35 114 0,81 (0,73, 0,89)
2/3 Forêts, pêche et piégeage 249 10 718 1,15 (1,01, 1,30)
4 Mines, carrières et puits de pétrole 793 23 197 1,42 (1,33, 1,53)
5 Industries manufacturières 12 677 694 755 0,98 (0,96, 1,00)
6 Construction 3 643 211 532 1,09 (1,05, 1,13)
7 Transports, communications et autres services publics 3 531 197 532 1,14 (1,10, 1,18)
8 Commerce 5 391 429 887 0,99 (0,96, 1,02)
9 Finances, assurances et affaires immobilières 479 24 020 1,15 (1,05, 1,26)
10 Services socio-culturels, commerciaux et personnels 7 263 600 295 0,95 (0,93, 0,98)
11 Administration publique et défense 3 309 191 086 1,04 (1,01, 1,08)
         
* CTI : Classification type des industries (1970)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

 

Tableau 2. Surveillance du cancer du poumon :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe de professions

Code CCDP* Groupe professionnel Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
11 Directeurs, administrateurs et personnel assimilé 346 31 025 1,03 (0,93, 1,15)
21 Travailleurs des sciences naturelles, techniques et mathématiques 287 26 363 0,85 (0,76, 0,96)
23 Travailleurs spécialisés des sciences sociales et secteurs connexes 250 30 724 1,04 (0,92, 1,18)
25 Membres du clergé et assimilés 0 129
27 Enseignants et personnel assimilé 334 48 508 0,61 (0,55, 0,68)
31 Personnel médical, techniciens de la santé et travailleurs assimilés 1 460 135 441 0,85 (0,80, 0,89)
33 Professionnels des domaines artistique et littéraire et personnel assimilé 131 15 003 1,11 (0,93, 1,32)
41 Personnel administratif et travailleurs assimilés 2 821 197 533 1,09 (1,05, 1,13)
51 Travailleurs spécialisés dans la vente 1 515 148 239 1,06 (1,01, 1,12)
61 Travailleurs spécialisés dans les services 5 387 371 271 1,06 (1,03, 1,09)
71 Agriculteurs, horticulteurs et éleveurs 555 50 263 0,88 (0,81, 0,96)
73 Pêcheurs, trappeurs et travailleurs assimilés 11 558 1,16 (0,64, 2,10)
75 Travailleurs forestiers et bûcherons 216 10 706 1,04 (0,91, 1,19)
77 Mineurs, carriers, foreurs de puits et travailleurs assimilés 438 13 030 1,46 (1,33, 1,60)
81 Travailleurs des industries de transformation (minéral, métal, chimique) 1 417 79 364 1,17 (1,11, 1,24)
82 Travailleurs des industries de transformation (aliments, bois, textile) 1 427 99 361 1,00 (0,94, 1,05)
83 Usineurs et travailleurs des secteurs connexes 3 613 189 758 1,11 (1,07, 1,15)
85 Travailleurs spécialisés dans la fabrication, le montage et la réparation 5 810 328 740 1,01 (0,99, 1,04)
87 Travailleurs du bâtiment 4 068 216 068 1,09 (1,06, 1,13)
91 Personnel d’exploitation des transports 3 668 168 429 1,39 (1,34, 1,44)
93 Manutentionnaires et travailleurs assimilés, non classés ailleurs 2 519 153 280 1,11 (1,06, 1,15)
95 Autres ouvriers qualifiés et conducteurs de machines 571 28 353 1,12 (1,03, 1,21)
99 Travailleurs non classés ailleurs 3 409 215 574 1,10 (1,07, 1,14)
         
* CCDP: Classification canadienne descriptive des professions (1971)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

Veuillez noter que nos résultats peuvent différer de celles que nous avons publiés ou présentés. Cela peut être attribuer aux définitions que nous utilisons pour identifier les cas, aux approches méthodologiques et le suivi en cours de la cohort dans le système de surveillance.