Cancer de la prostate 

Contexte

Qu’est-ce que le cancer de la prostate?

Au Canada, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes. Les facteurs de risque importants du cancer de la prostate sont notamment l’âge et les antécédents familiaux, mais on a peu de connaissances sur les facteurs de risque modifiables de cette maladie, notamment les causes professionnelles. Les expositions professionnelles qui perturbent le système endocrinien, comme le travail par roulement, présentent un intérêt particulier compte tenu du fait que le cancer de la prostate peut être hormonosensible.

 
Facteurs de risque professionnel potentiels

Ces expositions sont des facteurs de risque potentiels du cancer de la prostate, mais les données probantes actuelles sont peu concluantes.

    • Composés métalliques (cadmium et arsenic)
    • Exposition aux rayons X et gamma
    • Exposition aux produits chimiques (composés du caoutchouc, pesticides comme le malathion et gaz d’échappement des moteurs au diesel)
    • Comportement sédentaire et inactivité physique
    • Stress psychologique d’origine professionnelle
    • Travail par roulement
    • Vibration globale du corps
Principales conclusions

Les risques les plus élevés de développer un cancer de la prostate ont été observés chez les travailleurs occupant des postes de gestion et d’administration, des emplois dans les industries du transport et de la construction et du bâtiment, ainsi que chez les pompiers et les policiers.  


Emplois de cols blancs

Des risques accrus de cancer de la prostate ont été observés dans tous les emplois liés à la gestion et l’administration, ainsi que dans les métiers de l’enseignement. Ceci pourrait être expliqué par le comportement sédentaire et la faible activité physique pratiquée par les cols blancs dans le cadre de leur travail. De plus, cette constatation pourrait être liée à un recours accru au dépistage du cancer de la prostate dans ce groupe par rapport aux autres groupes de travailleurs. Étant donné que de nombreuses tumeurs de la prostate évoluent lentement, le dépistage régulier pourrait avoir augmenté le nombre de tumeurs diagnostiquées dans ce groupe, car sans ce dépistage régulier, elles n’auraient pas été détectées.

    • Directeurs, administrateurs et personnel assimilés : 1,7 fois le risque
    • Enseignants et personnel assimilés : 1,8 fois le risque
Transport

Les travailleurs du secteur du transport présentent un risque accru de développer un cancer de la prostate, notamment les opérateurs du transport ferroviaire, du transport automobile, les opérateurs de machines fixes et d’équipement divers. Les facteurs qui pourraient augmenter le risque de développer un cancer de la prostate parmi ces groupes comprennent le comportement sédentaire et l’inactivité physique, le travail par roulement, l’obésité et la vibration globale du corps. L’exposition à des vibrations globales du corps survient lorsque l’énergie mécanique des surfaces en vibration est transférée au corps de la personne en position assise ou debout. Bien que le rôle des vibrations globales du corps dans l’étiologie du cancer de la prostate reste assez flou, d’autres problèmes de prostate, comme la prostatite et la hausse de la concentration de testostérone, ont été associés à l’exposition à ces vibrations.

    • Personnel d’exploitation des transports : 1,1 fois le risque
Fabrication des produits métalliques

Des risques élevés de développer un cancer de la prostate ont été observés chez les travailleurs dans les domaines du traitement, de l’usinage, du façonnage et du formage des métaux et de la fabrication et de l’assemblage des produits métalliques. Ces types de métiers peuvent exposer les travailleurs à des niveaux élevés de composés métalliques ou de vibrations globales du corps, qui sont des facteurs de risque potentiels du cancer de la prostate.

    • Contremaîtres des métallurgistes et travailleurs assimilés: 1,2 fois le risque
    • Lamineurs : 1,3 fois le risque
    • Contremaîtres d’usineurs de métaux : 1,4 fois le risque
    • Contremaîtres de façonneurs et de formeurs de métal, a l’exception des usineurs: 1,6 fois le risque
    • Spécialistes du forgeage des métaux : 1,5 fois le risque
Services d’urgence

Des risques élevés de développer un cancer de la prostate ont été observés chez les pompiers et les policiers. Ceci pourrait être dû au travail par roulement, au comportement sédentaire ou aux niveaux élevés de stress d’origine professionnelle. Les pompiers peuvent également être exposés à des gaz d’échappement des moteurs au diesel lorsqu’ils travaillent dans les casernes, ce qui est un facteur de risque potentiel du cancer de la prostate.

    • Personnel spécialisés dans la lutte contre l’incendie : 1,6 fois le risque
    • Agents de police : 1,5 fois le risque
Risque relatif par industrie et par emploi

Figure 1. Risque de diagnostic de cancer de la prostate chez les travailleurs employés dans chaque groupe d’industries par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

 

Figure 2. Risque de diagnostic de cancer de la prostate chez les travailleurs employés dans chaque groupe professionnel par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

Tableau des résultats

Tableau 1. Surveillance du cancer de la prostate :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe d’industries

Code CTI * Groupe d’industries Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
1 Agriculture 361 26 412 0,68 (0,62, 0,76)
2/3 Forêts, pêche et piégeage 213 10 232 0,71 (0,62, 0,81)
4 Mines (y compris broyage),
carrières et puits de pétrole
738 22 741 0,95 (0,88, 1,02)
5 Industries manufacturières 14 064 529 465 0,97 (0,95, 0,99)
6 Construction 4077 202 302 0,87 (0,84, 0,89)
7 Transports, communications et
autres services publics
4309 164 376 1,12 (1,08, 1,15)
8 Commerce 5200 291 278 0,96 (0,93, 0,99)
9 Finances, assurances et
affaires immobilières
429 15 239 1,08 (0,98, 1,19)
10 Services socio-culturels,
commerciaux et personnels
4660 249 402 1,02 (0,99, 1,05)
11 Administration publique et
défense
4026 121 633 1,25 (1,21, 1,29)
         
* CTI : Classification type des industries (1970)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

Tableau 2. Surveillance du cancer de la prostate :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe de professions

 

Code CCDP * Groupe professionnel Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
11 Directeurs, administrateurs et
personnel assimilé
464 14 258 1,70 (1,55, 1,86)
21 Travailleurs des sciences naturelles,
techniques et mathématiques
538 20 839 1,34 (1,23, 1,46)
23 Travailleurs spécialisés des sciences
sociales et secteurs connexes
128 6 839 1,38 (1,16, 1,64)
25 Membres du clergé et assimilés <5 52
27 Enseignants et personnel assimilé 353 10 040 1,77 (1,60, 1,97)
31 Personnel médical, techniciens
de la santé et travailleurs assimilés
362 17 086 1,20 (1,08, 1,33)
33 Professionnels des domaines artistique
et littéraire et personnel assimilé
156 8 411 1,33 (1,14, 1,56)
41 Personnel administratif et
travailleurs assimilés
2133 96 423 1,11 (1,07, 1,16)
51 Travailleurs spécialisés dans la vente 1163 71 793 1,18 (1,11, 1,25)
61 Travailleurs spécialisés dans les services 4221 187 302 1,10 (1,06, 1,14)
71 Agriculteurs, horticulteurs et éleveurs 586 39 250 0,79 (0,72, 0,85)
73 Pêcheurs, trappeurs et travailleurs
assimilés
8 518 0,63 (0,31, 1,26)
75 Travailleurs forestiers et bûcherons 183 10 116 0,64 (0,55, 0,74)
77 Mineurs, carriers, foreurs de puits
et travailleurs assimilés
422 12 890 1,01 (0,91, 1,11)
81 Travailleurs des industries de
transformation (minéraux, métaux, chimiques)
1403 62 933 0,99 (0,94, 1,04)
82 Travailleurs des industries de
transformation (aliments, bois, textiles)
1372 67 387 0,95 (0,90, 1,00)
83 Usineurs et travailleurs des
secteurs connexes
4428 168 317 1,07 (1,03, 1,10)
85 Travailleurs spécialisés dans
la fabrication, le montage et la réparation
7156 261 508 1,12 (1,09, 1,15)
87 Travailleurs du bâtiment 5284 211 589 1,02 (0,99, 1,05)
91 Personnel d’exploitation des transports 3998 154 064 1,11 (1,08, 1,15)
93 Manutentionnaires et travailleurs
assimilés, non classés ailleurs
2392 122 072 0,94 (0,90, 0,98)
95 Autres ouvriers qualifiés et
conducteurs de machines
619 21 575 1,09 (1,01, 1,19)
99 Travailleurs non classés ailleurs 3554 174 790 0,95 (0,92, 0,99)
         
* CCDP: Classification canadienne descriptive des professions (1971)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

Veuillez noter que nos résultats peuvent différer de celles que nous avons publiés ou présentés. Cela peut être attribuer aux définitions que nous utilisons pour identifier les cas, aux approches méthodologiques et le suivi en cours de la cohort dans le système de surveillance.