Lymphome non hodgkinien

Contexte

Qu’est-ce qu’un lymphome non hodgkinien?

Un lymphome non hodgkinien est un groupe de cancers des globules blancs qui agissent sur les fonctions immunologiques dans le système lymphatique. Le LNH est le sixième diagnostic de cancer le plus fréquent au Canada avec environ 8 300 Canadiens diagnostiqués en 2017. Les hommes sont souvent plus touchés que les femmes.

Il y a quelques facteurs de risques établis pour le lymphome non hodgkinien mais son étiologie n’est pas entièrement connue. L’exposition au pesticide pentachlorophénol et à l’insecticide lindane sont des facteurs de risques connus. L’exposition aux rayonnements ionisants par l’imagerie médicale et l’infection par certains agents pathogènes viraux sont des facteurs de risques non professionnels du LNH, bien qu’ils puissent également être rencontrés sur les lieux de travail.

Il existe également un certain nombre de facteurs de risques professionnels présumés du LNH. Il existe des preuves que l’exposition à certains solvants organiques chlorés peut augmenter le risque, en particulier le trichloréthylène, qui a été utilisé dans le nettoyage à sec et dans divers procédés de fabrication industrielle. D’autres facteurs de risques professionnels potentiels pour le LNH comprennent l’exposition au benzène, aux biphényles polychlorés et à certains pesticides.

 
Facteurs de risques professionnels
    • Lindane
    • Pentachlorophénol
Facteurs de risques professionnels potentiels
    • Benzène
    • Trichloréthylène et dichlorométhane (solvants chlorés)
    • Glyphosate, diazinon, malathion et DDT (pesticides)
    • Biphényles polychlorés (BPC)
Principales conclusions

Des risques accrus de lymphome non hodgkinien ont été mis en évidence chez les travailleurs des secteurs de l’agriculture, de l’exploitation minière, de l’enseignement, des services de protection, des transports, des soins de santé et de l’industrie. Les causes du lymphome non hodgkinien ne sont pas bien claires et les expositions qui peuvent conduire à ces maladies ne sont pas toujours connues.

 

Agriculture

Les travailleurs agricoles présentent un risque accru de LNH. Cette constatation pourrait être liée à l’exposition aux pesticides lors du travail en milieu agricole. Toutefois, ces résultats sont basés sur un nombre relativement faible de cas et doivent être interprétés avec précaution.

    • Exploitants agricoles : 1,4 fois le risque
Mines

Les travailleurs employés dans le secteur des mines de métaux présentaient un risque accru de LNH. Cependant, on ne sait pas exactement les raisons de ce risque accru.

    • Mines métalliques : 1,4 fois le risque
      • Mines de quartz aurifère : 1,2 fois le risque
      • Mines d’uranium : 1,6 fois le risque
      • Mines métalliques diverses : 1,4 fois le risque
    • Manoeuvres et travailleurs assimilés des mines, des carrières, et des champs de pétroles et de gaz naturel : 2,1 fois le risque
Enseignement

Les travailleurs de plusieurs professions liées à l’enseignement présentent un risque accru de LNH. Le facteur de risque sous-jacent du LNH chez les travailleurs des professions liées à l’enseignement n’est pas clair, bien qu’il puisse être lié à une charge virale accrue.

    • Professeurs d’écoles secondaires : 1,4 fois le risque
    • Instituteurs d’écoles maternelles et primaires : 1,2 fois le risque
    • Professeurs des collèges communautaires et des écoles professionnelles : 2,7 fois le risque
Professions des services de protection

Les travailleurs de lutte contre l’incendie et de la police présentent un risque accru de LNH. On ne sait pas exactement quels facteurs sont à l’origine de ce risque. Cependant, les pompiers peuvent être exposés au benzène contenu dans les vapeurs d’essence, ou aux biphényles polychlorés (BPC) et à d’autres produits chimiques pendant la lutte contre les incendies.

    • Personnel spécialisé dans la lutte contre l’incendie : 1,5 fois le risque
    • Agents de police et détectives de la police officielle : 1,2 fois le risque
Transports

Les travailleurs des professions liées au transport présentaient un risque accru de LNH. Les personnes exerçant ces professions sont régulièrement exposées aux gaz d’échappement des moteurs, qui contiennent du benzène.

    • Personnel d’exploitation des transports : 1,2 fois le risque
      • Personnel d’exploitation des transports ferroviaires : 1,5 fois le risque
      • Personnel d’exploitation des transports routiers : 1,2 fois le risque  
        • Camionneurs : 1,2 fois le risque
        • Conducteurs d’autobus
        • Chauffeurs de taxis et chauffeurs particuliers : 1,4 fois le risque
        • Chefs de train et serre-frein : 1,8 fois le risque
      • Autre personnel d’exploitation des transports (tramway, déneigement : 2,2 fois le risque
Santé et médecine

Les travailleurs des professions infirmières présentaient un risque accru de LNH. Tout comme les professions liées à l’enseignement, l’emploi dans le secteur de la santé et de la médecine peut exposer les travailleurs à des agents pathogènes qui peuvent augmenter le risque d’infection des travailleurs.

    • Infirmières: 1,2 fois le risque
    • Aides-infirmières et garçons de salle d’h: 1,2 fois le risque
    • Personnel spécialisé et auxiliaires des soins infirmiers et thérapeutiques, n.c.a. : 1,4 fois le risque
Fabrication

Les personnes travaillant dans la fabrication, l’assemblage, l’installation et la réparation de matériel électrique présentaient un risque accru de LNH. Ces emplois impliquent une exposition potentielle aux solvants chlorés et aux biphényles polychlorés (PCB), qui sont des facteurs de risque présumés du LNH.

Nous pensions que les travailleurs employés dans la fabrication de caoutchouc et de plastique, l’imprimerie et la fabrication de produits chimiques présenteraient un risque accru de LNH, compte tenu de ce que l’on connait sur les facteurs de risque professionnels. Toutefois, les travailleurs de ces industries ne présentaient pas de risque accru de développer ce cancer. Cela peut être lié à la diminution de l’utilisation de solvants chlorés et d’autres produits chimiques industriels au Canada, qui sont des facteurs de risque potentiels du LNH.

    • Travailleurs spécialisés dans la fabrication, le montage, l’installation et la réparation d’appareils électriques, électroniques et de matériel connexe : 1,1 fois le risque
      • Contremaîtres de travailleurs spécialisés dans la fabrication, le montage, l’installation et la réparation d’appareils électriques, électroniques et de matérial connexe : 1,7 fois le risque
      • Installateurs et réparateurs d’appareils électroniques et de matériel connexe, n.c.a. : 2 fois le risque
Risque relatif par industrie et par emploi

Figure 1. Risque de diagnostic de lymphome non hodgkinien chez les travailleurs employés dans chaque groupe d’industries par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

 

Figure 2. Risque de diagnostic de lymphome non hodgkinien chez les travailleurs employés dans chaque groupe professionnel par rapport à tous les autres, Système de surveillance des maladies professionnelles (SSMP), 1999-2016

Pour obtenir le rapport de risque, on divise l’estimation du temps moyen nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez les travailleurs de chaque groupe d’industries/professionnel par celui nécessaire pour diagnostiquer la maladie chez tous les autres groupes pendant la période de l’étude. Les rapports de risque supérieurs à 1,00 indiquent un risque accru de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres. Les estimations sont ajustées par année de naissance et par sexe. La largeur de l’intervalle de confiance (IC) de 95 % est fondée sur le nombre de cas dans chaque groupe (plus il y a de cas, plus l’intervalle est étroit).

Tableau des résultats

Tableau 1. Surveillance du lymphome non hodgkinien :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe d’industries

Code CTI * Groupe d’industries Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
1 Agriculture 110 35 107 0,80 (0,67, 0,97)
2/3 Forêts, pêche et piégeage 57 10 719 0,92 (0,71, 1,20)
4 Mines (y compris broyage), carrières et puits de pétrole 193 23 221 1,27 (1,10, 1,46)
5 Industries manufacturières 3440 694 717 0,89 (0,86, 0,93)
6 Construction 936 211 510 0,95 (0,89, 1,02)
7 Transports, communications et autres services publics 1045 197 478 1,17 (1,09, 1,24)
8 Commerce 1686 429 819 1,03 (0,97, 1,08)
9 Finances, assurances et affaires immobilières 119 24 011 1,05 (0,88, 1,26)
10 Services socio-culturels, commerciaux et personnels 2382 600 174 1,14 (1,08, 1,20)
11 Administration publique et défense 961 191 034 1,07 (1,01, 1,15)
         
* CTI : Classification type des industries (1970)  
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

 

Tableau 2. Surveillance du lymphome non hodgkinien :  Nombre de cas, nombre de travailleurs employés, et rapports de risque dans chaque groupe de professions

Code CCDP * Group professionnel Nombre de cas Nombre de travailleurs employés Rapport de risque, HR (95% IC) †
11 Directeurs, administrateurs et personnel assimilé 143 31 006 1,50 (1,27, 1,77)
21 Travailleurs des sciences naturelles, techniques et mathématiques 120 26 352 1,19 (0,99, 1,42)
23 Travailleurs spécialisés des sciences sociales et secteurs connexes 105 30 711 1,35 (1,11, 1,64)
25 Membres du clergé et assimilés <5 129
27 Enseignants et personnel assimilé 223 48 489 1,44 (1,26, 1,64)
31 Personnel médical, techniciens de la santé et travailleurs assimilés 559 135 419 1,18 (1,08, 1,29)
33 Professionnels des domaines artistique et littéraire et personnel assimilé 44 15 004 1,16 (0,86, 1,56)
41 Personnel administratif et travailleurs assimilés 881 197 493 1,15 (1,08, 1,24)
51 Travailleurs spécialisés dans la vente 474 148 200 1,09 (0,99, 1,20)
61 Travailleurs spécialisés dans les services 1 638 371 204 1,14 (1,08, 1,20)
71 Agriculteurs, horticulteurs et éleveurs 175 50 254 0,93 (0,80, 1,08)
73 Pêcheurs, trappeurs et travailleurs assimilés <5 556
75 Travailleurs forestiers et bûcherons 58 10 707 0,96 (0,74, 1,24)
77 Mineurs, carriers, foreurs de puits et travailleurs assimilés 104 13 038 1,25 (1,03, 1,51)
81 Travailleurs des industries de transformation (minéraux, métaux, chimiques) 356 79 355 0,98 (0,88, 1,09)
82 Travailleurs des industries de transformation (aliments, bois, textiles) 419 99 359 0,98 (0,89, 1,08)
83 Usineurs et travailleurs des secteurs connexes 951 189 744 0,99 (0,92, 1,05)
85 Travailleurs spécialisés dans la fabrication, le montage et la réparation 1 663 328 713 0,99 (0,94, 1,04)
87 Travailleurs du bâtiment 1 058 216 043 0,98 (0,92, 1,05)
91 Personnel d’exploitation des transports 939 168 375 1,21 (1,13, 1,30)
93 Manutentionnaires et travailleurs assimilés, non classés ailleurs 696 153 279 1,01 (0,93, 1,09)
95 Autres ouvriers qualifiés et conducteurs de machines 158 28 358 1,07 (0,92, 1,25)
99 Travailleurs non classés ailleurs 969 215 565 1,04 (0,98, 1,12)
         
* CCDP: Classification canadienne descriptive des professions (1971)
† Risque de développer la maladie dans un groupe donné par rapport à tous les autres

Veuillez noter que nos résultats peuvent différer de celles que nous avons publiés ou présentés. Cela peut être attribuer aux définitions que nous utilisons pour identifier les cas, aux approches méthodologiques et le suivi en cours de la cohort dans le système de surveillance.